samedi 14 septembre 2013

Limites du système lévitique

Limites des sacrifices : interdits et insuffisances

Ordonné par Dieu pour permettre à l’Israélite de s’approcher de Lui, le système des sacrifices n’était pas pour autant satisfaisant. Il était une disposition transitoire établie pour un temps jusqu’à ce que soit offert le sacrifice parfait, celui du Fils de Dieu, qui rendent les autres caduques : Hébreux 9,9.11-12.23 ; 10,1 à 3. L’idée que le système sacrificiel ne répondait pas de manière satisfaisante aux besoins de la relation entre Dieu et Son peuple ne se révèle pas qu’avec la venue de Jésus. Elle est déjà perceptible de bien des manières dans l’Ancien Testament :

-          Les sacrificateurs pouvaient être répréhensibles et ne pas se montrer à la hauteur de leur ministère : exemples :

Lévitique 10,1-2 : la faute des deux fils d’Aaron est d’avoir mêlé un feu profane au feu qui était pris directement sur l’autel des sacrifices offerts à Dieu. Le feu étranger semble évoquer une imitation humaine de ce qui est divin. Cette offrande d’éléments à la fois consacrés et profanes provoqua la colère de Dieu. Il suffisait d’une simple erreur, volontaire ou non, dans la procédure qui devait être suivie pour que le prêtre chargé d’offrir les sacrifices meure.

1 Samuel 2,12 à 17.22 : les fils d’Eli exerçaient leurs fonctions de prêtres sans aucune conscience de son caractère sacré. Ils ne voyaient que l’intérêt qu’ils pouvaient en tirer aux dépens du peuple et profitaient de leur position pour commettre de graves péchés. Ils témoignaient par leur conduite du profond mépris qu’ils avaient pour Celui qu’ils étaient censés servir : Dieu : 1 Samuel 3,11 à 14. Leur faute fut d’une telle gravité aux yeux de Dieu qu’elle fut l’objet d’un jugement définitif. Elle n’était ni pardonnable, ni expiable. L’exemple des fils d’Eli souligne à quel point compte aux yeux de Dieu le sacrificateur et le sacrifice dans le processus lévitique. Il ne suffit pas d’offrir le juste sacrifice ; encore faut-il que celui qui l’offre à Dieu soit juste et agisse conformément à Sa volonté.

-          L’offrande des sacrifices pouvait être faite de façon si formaliste qu’elle ne correspondait plus à l’intention de Dieu. Ce qui comptait pour Dieu n’était pas le sacrifice, mais le cœur de celui qui l’offrait. Exemples :

1 Samuel 15,1 à 3.7 à 9.13 à 15.20 à 23 : Saül pensait contenter le Seigneur en Lui offrant une part du butin qu’il avait pris à Amalek. Il a oublié que le but de Dieu, en l’envoyant combattre contre lui, n’était pas d’enrichir Israël mais d’accomplir la parole de jugement qu’Il avait prononcé jadis contre ce peuple : Exode 17,14 à 16. De plus, confronté à sa désobéissance, Saül n’a pas reconnu sa faute. Il en a reporté la responsabilité sur le peuple qui, selon lui, a insisté pour que soient épargnées les meilleures bêtes. Samuel ne passera pas sur la faute de Saül. Il rappellera que ce qui compte par-dessus tout aux yeux de Dieu n’est pas le geste d’offrir un sacrifice, mais l’obéissance qui vient du cœur : cf Osée 6,6. Saül pouvait offrir à Dieu tous les sacrifices qu’il voulait. Cela ne pouvait jamais et en rien compenser sa rébellion et sa désobéissance envers Dieu, aussi graves à Ses yeux que l’occultisme.

Esaïe 1,10 à 17 : les siècles passant, les inconséquences d’Israël furent telles que Dieu éprouva un véritable dégoût et une répulsion totale à la vue de la multitude des sacrifices que les israélites continuaient à Lui offrir. Le culte que le peuple rendait à Dieu n’était plus un culte spirituel. Il était devenu une pratique religieuse morte, formaliste, dans laquelle ni le cœur, ni la vérité n’étaient présents. Dieu ne prenait plus plaisir à aucune fête rendue en Son honneur, ni n’écoutait plus aucune prière. Les reproches formulés par Esaïe de la part de Dieu témoignent du danger qu’il y a pour chacun de se complaire tant dans la forme que l’on en oublie que, pour Dieu, seul compte le fond. Le sacrifice des méchants est une abomination pour le Seigneur : Proverbe 15,8. Le sacrifice des méchants est une abomination ; à plus forte raison quand ils l’apportent avec des pensées infâmes : Proverbes 21,27.

-          Les endroits où étaient offerts les sacrifices ne correspondaient pas à ceux que Dieu avait désignés à cet effet. Jéroboam, le premier, par crainte de voir les israélites aller à Jérusalem offrir leurs sacrifices, et perdre ainsi de son influence sur eux, créa de nouveaux lieux où ceux-ci pouvaient être offerts : 1 Rois 12,26 à 33. Depuis, les hauts lieux se multiplièrent un peu partout dans le pays, y compris dans le royaume de Juda : 1 Rois 14,23 ; 2 Rois 16,4. C’est eux qui furent cause de la ruine du pays :  2 Rois 17,9 à 11. Le royaume de Juda connut, plus que celui d’Israël, des périodes de réveil et de retour à Dieu. Les livre des rois et des chroniques témoignent cependant que l’habitude qui fut la plus difficile à éradiquer fut celle d’offrir des sacrifices sur les hauts lieux du pays : 1 Rois 15,14 ; 22,43 ; 2 Rois 12,3 ; 14,4 ; 15,4.35.

Qu’est-ce que les hauts lieux ? C’étaient des endroits choisis par les hommes pour y adorer, soit l’Eternel, soit des idoles. Ils étaient souvent érigés dans des endroits élevés : 1 Rois 11,27 ; 14,23, à l’intérieur ou à proximité des villes : 2 Rois 17,9 ; 23,5.8. Les hauts lieux furent permis avant la construction du temple par Salomon : 1 Rois 3,2 à 4. La débauche accompagnait souvent les cultes rendus sur les hauts lieux : Osée 4,11 à 14. A plusieurs reprises, les prophètes se sont montrés fort vindicatifs à l’égard des cultes rendus sur les hauts lieux : Ezéchiel 6,3 ; esaïe 57,5 ; Jérémie 2,20 ; 3,6.13 ; 17,3 ; Amos 7,9 ; Michée 1,5.

Alors qu’elle était en discussion avec Jésus, la samaritaine lui demanda dans quel lieu Dieu devait être adoré. Les samaritains le vénéraient à Samarie et les juifs à Jérusalem. Jésus ne répondra pas en désignant un lieu en particulier. Il dira que ce qui importe à Dieu n’est pas le lieu où Il est adoré, mais le type d’adoration qui Lui est rendu. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui L’adorent,  L’adorent en esprit et en vérité : Jean 4,24.

Orientation vers des choses meilleures

Le système sacrificiel montrant de nombreuses failles, petit à petit les auteurs bibliques vont orienter le peuple de Dieu vers la pratique de sacrifices plus conformes à la pensée de Dieu, tous des sacrifices non sanglants :

-          Psaume 50,7 à 15 : dans ce psaume, Dieu dit à Israël qu’il n’a rien à lui reprocher quant à la mécanique des gestes qu’il accomplit. Les sacrifices et les holocaustes lui sont toujours offerts. Au regard extérieur de la loi, Israël n’est coupable d’aucun manquement. Dieu oriente cependant le peuple vers une double réflexion fondamentale au sujet de ce qu’il fait

ð  Dieu rappelle à Israël que s’il Lui offre des sacrifices, ce n’est en aucun cas parce que Dieu se trouverait dans un besoin quelconque : v 10 à 13. Les sacrifices qu’Israël offre à Dieu ne répondent pas à un besoin de Dieu, mais à un besoin d’Israël. C’est pour lui que les sacrifices sont nécessaires, à cause de son péché, non pour Dieu.
ð  Dieu rappelle à Israël que le vrai sacrifice, celui qui fait la joie de son cœur, est celui qui procède d’un cœur reconnaissant et obéissant : v 14 ; cf Psaume 116,17. L’actions de grâces, la gratitude du cœur est un sacrifice qui, en terme de valeur, dépasse de loin tout ce que l’on peut offrir à Dieu par habitude ou tradition : un enseignement largement corroboré par le Nouveau Testament : Matthieu 14,19 ; 15,36 ; 26,26 ; Ephésiens 5,20 ; Philippiens 4,6 ; Colossiens 3,17 ; 4,2 ; 1 Thessaloniciens 5,18.

-          A deux reprises, l’Ancien Testament insiste pour que celui qui s’approche de Dieu se taise et écoute avant de vouloir faire quelque chose : Psaume 4,5-6 ; Ecclésiaste 4,17 à 5,1. Le sacrifice qui est juste est celui qui découle d’une relation avec Dieu dans laquelle on commence à écouter ce qu’Il a à nous dire. Marthe, la sœur de Marie, se sacrifiait pour que le Seigneur soit bien servi. Cependant, elle fit les choses dans le mauvais ordre. Son sacrifice n’était pas un sacrifice de justice, preuve en était par l’irritation envers sa sœur qui l’habitait : Luc 10,38 à 41. Marie avait, quant à elle, fait les choses dans le bon ordre. Le Seigneur présent, elle s’était mise d’abord à L’écouter. Le service viendrait après. Le même ordre nous est commandé dans notre relation avec Dieu.

-          Psaume 51,18-19 : un autre type de sacrifice qui plaît à Dieu est celui qui procède d’un cœur et d’un esprit brisé par la vue de son propre péché. Dieu, dira Esaïe, habite les lieux élevés et la sainteté, mais Il est aussi avec celui qui est écrasé et dont l’esprit est humilié : Esaïe 57,15. Tout roi choisi par Dieu qu’il était, David ne pouvait rien faire, après son adultère avec Bath-Shéba, pour retrouver la faveur de Dieu. Seule la profondeur de la tristesse qu’il éprouvera à la vue de son péché fera que l’Eternel se laissera toucher par sa repentance : cf 2 Chroniques 33,12-13.

De cet enseignement, il découle que le système sacrificiel établi par Dieu dans l’AT ne pouvait être que provisoire. Ce qui devait rester dans le culte n’est pas ce qui touche à la forme, mais au fond. Par Jésus-Christ, le peuple de Dieu aura la capacité d’offrir à Dieu un culte qui Lui est agréable : Romains 12,1-2.



jeudi 12 septembre 2013

Les sacrifices dans le Lévitique

La notion de sacrifice dans le Lévitique

Troisième livre de la torah, le lévitique, appelé le livre des prêtres par les Juifs, en est le cœur.
Comprenant peu de récits historiques, le Lévitique rapporte les paroles reçues par Moïse sur le mont Sinaï au sujet du culte. A cause de son contenu, le Lévitique fait partie des livres essentiels de la Bible. Aucun livre de l’Ancien Testament ne révèle avec plus de détail le soin que l’Israélite doit mettre à écouter Dieu lorsqu’il veut s’approcher de Lui. Aucun ne témoigne de façon plus claire de la gravité du péché, de la séparation radicale qu’il engendre entre Dieu et le pécheur, du caractère absolu de la sainteté de Dieu et de la nécessité du sacrifice comme chemin qui ouvre l’accès à Dieu. Rien ne sert davantage la compréhension du sens de la mort de Jésus pour le péché que le Lévitique. Rien ne met autant que ce livre en valeur sa portée et sa signification, comme en témoigne l’épître aux hébreux.

Dès son introduction, le Lévitique place le sacrifice au cœur de la relation entre Dieu et Son peuple. S’approcher de Dieu sans le sacrifice est inenvisageable. C’est pourquoi, dès son introduction, le Lévitique part de ce point unique de départ : Lévitique 1,2. Tous les sacrifices envisagés dans le Lévitique sont présentés comme des offrandes des hommes à Dieu : Lévitique 1,2 ; 2,1… Mais toutes les offrandes n’ont pas le même sens ni la même valeur. Les cinq premiers chapitres du Lévitique présentent les cinq types d’offrandes qui peuvent être apportées :

-          1ère offrande : l’holocauste : Chapitre 1
-          2ème offrande : l’offrande végétale : Chapitre 2
-          3ème offrande : le sacrifice de communion ou d’actions de grâces : Chapitre 3
-          4ème offrande : le sacrifice d’expiation pour le péché : Chapitre 4
-          5ème offrande : le sacrifice de culpabilité ou de réparation : Chapitre 5

 Chaque offrande correspond, comme nous allons le voir, à une réalité spirituelle précise, en ce qui nous concerne, mais aussi en ce qui concerne Christ. Sur les cinq, une seule n’est pas une offrande sanglante : la seconde que l’on appelle l’oblation ou l’offrande végétale qui consiste en un gâteau fait d’ingrédients précis.

a. Caractéristiques communes des offrandes sanglantes

Si les sacrifices sanglants recouvrent des réalités différentes et complémentaires, tous possèdent des caractéristiques communes :

-          La victime offerte devait toujours être sans défaut : Lévitique 1,3 ; 3,1 ; 4,3 ; 5,15. L’animal sans défaut offert à Dieu préfigurait Christ, l’Agneau de Dieu sans tache : Hébreux 9,14 ; 1 Pierre 1,19. Les seules imperfections permises concernaient les sacrifices volontaires, mais avec limites : Lévitique 22,20 à 25. Notons qu’il n’y avait pas que le sacrifice qui devait être sans défaut corporel, le sacrificateur aussi : Lévitique 21,16 à 24.
-          La victime devait être présentée devant l’Eternel : Lévitique 1,3 ; 3,1 ; 4,4 ; 5,26. C’est en effet devant Dieu que nous péchons, que nous le fassions de manière ouverte ou cachée : Psaume 51,5-6. Se présenter devant Dieu, c’est Lui confesser, Lui faire connaître son péché : Psaume 32,5.
-          La victime devait être offerte à l’Eternel, et non point à un autre : Lévitique 1,2 ; 3,1 ; 4,3 ; 5,15. C’est aussi à Dieu que Christ s’est offert sans tache : Hébreux 9,14. Le système biblique des sacrifices n’est pas un système élaboré par les hommes pour gagner la faveur de Dieu et apaiser sa colère. C’est un système établi par Dieu qui correspond à ses exigences absolues. Le sacrifice a pour but de présenter à Dieu ce qui, seul, peut satisfaire Sa justice et Sa sainteté.
-          Par un geste symbolique de la main, l’offrant s’identifiait avec la victime sacrifiée : Lévitique 1,4 ; 3,2 ; 4,4. Chargée des péchés de l’offrant, la victime subissait le châtiment à sa place. Cette identification nous rappelle que lorsque Christ est mort, nous sommes aussi morts avec Lui : Romains 6,3-4.
-          La victime était toujours mise à mort par l’offrant, et non par le sacrificateur : Lévitique 1,5 ; 3,2 ; 4,4. Cette nécessité nous rappelle que nous avons chacun une part personnelle dans la mort de Christ. Ce sont nos mains, et non celles d’un autre, notre péché et non celui d’un autre, qui ont cloué le Christ sur la croix.
-          Le sang de la victime devait toujours être répandu sur l’autel par le sacrificateur : Lévitique 1,5 ; 3,2 ; 4,6-7. C’est Christ Lui-même, notre grand prêtre qui présente à Dieu Son sang pour le pardon et l’expiation de nos fautes : Hébreux 9,12.14.22.24.

Sept points essentiels constituent le rituel sacrificiel dans le Lévitique :

-          Présentation de la victime
-          Identification de l’offrant avec la victime
-          Immolation de la victime
-          Aspersion du sang de la victime
-          Combustion entière ou partielle de la victime
-          Acceptation du sacrifice
-          Appréciation divine : le sacrifice est dit « de bonne odeur à Dieu » ou il est dit « qu’il est pardonné à l’offrant. »

De même, quatre réalités communes sont évoquées au travers de tous les sacrifices :

-          La réalité du péché : les mots péché, iniquité, impur, impureté, souillure ou souillé apparaissent constamment en lien avec les sacrifices offerts : Lévitique 4,1.3.13.14 ; 5,1.2.3.7… 10,10 ; 11,47 ; 12,1.
-          La réalité du jugement : le feu passe sur les sacrifices qui sont consumés : Lévitique 1,7.8.9.12… ; 2,2.3.9.10.14.16…
-          La réalité du salut : Le sang est versé comme expiation : Lévitique 1,4.5.11.15…, les sacrifices sont de bonne odeur à Dieu : Lévitique 1,9.13.17…, il est pardonné à l’offrant : Lévitique 4,20.26.31.35
-          La volonté de Dieu est accomplie : Dieu établit le rituel comme une loi perpétuelle qu’il est interdit d’enfreindre sous peine de mort : Lévitique 3,17 ; 6,15… ; 17,8-9

b. Signification des cinq sacrifices

Nous avons vu que le livre du Lévitique établit cinq types de sacrifices différents qui peuvent être offerts à Dieu. Parmi ces cinq sacrifices, trois sont offerts volontairement par l’offrant : l’holocauste, l’offrande farine, le sacrifice d’actions de grâces ; et deux sont prescrits comme obligatoires à cause du péché : le sacrifice d’expiation et le sacrifice de culpabilité. L’ordre dans lequel le lévitique présente les différents types de sacrifices qui peuvent être offerts à Dieu ne procède pas du hasard. On pourrait s’attendre à ce que, le péché étant le problème principal entre Dieu et nous, Dieu parte du sacrifice de culpabilité ou de réparation en vue de régler la question du péché pour aller, crescendo, vers l’holocauste, sacrifice qui exprime le don total de soi à Dieu. Il n’en est rien ! Dieu présente les sacrifices dans le sens inverse : Il part de l’holocauste, qui exprime le don volontaire de soi, pour aller vers le sacrifice de culpabilité ou de réparation, qui exprime l’application la plus nécessaire et obligatoire du sacrifice.

L’ordre dans lequel sont présentés les sacrifices ne suit pas celui du besoin de l’homme dans son expérience de réconciliation avec Dieu : le pardon avant la reconnaissance et le don de sa vie à Dieu. Il suit le point de vue de Dieu et ce que fut l’expérience de Christ pour que le pardon et la réconciliation avec Dieu soit possible entre nous et Lui

Pour que notre culpabilité soit ôtée et que la réparation entre Dieu et nous se fasse, il fallut

-          Que Christ se porte volontaire : Hébreux 10,5 à 9
-          Qu’il se donne entièrement à Dieu pour nous : Hébreux 9,12 à 14
Il a été par son sacrifice volontaire l’holocauste agréable à Dieu, le type même du don d’une vie entièrement offerte à Dieu : Ephésiens 5,2 ; Lévitique 1,9.13.17

-          Que la vie de Christ soit parfaite, exempte de toute marque et de toute odeur de péché : Hébreux 7,26 à 28
Christ a été pour nous, par Sa vie, l’offrande de farine (le grain de blé broyé et moulu : Jean 12,25 ointe d’huile (le Saint-Esprit) et d’encens (la prière), parfaite : Lévitique 2,1, une offrande sans levain (symbole du péché) : Lévitique 2,11.

-          Que le sacrifice de Christ soit pleinement agréé par Dieu, un sacrifice accompli en pleine communion avec Lui : Matthieu 3,17, ce qu’atteste la résurrection : Romains 1,4 ; Actes 2,2 »-24
Christ a été par son sacrifice Celui qui a rétabli entre nous et Dieu la communion rompue : 1 Corinthiens 10,16 ; 1 Jean 1,3 ; Ephésiens 2,13-14. Par Lui, nous pouvons à notre tour offrir des sacrifices d’actions de grâces agréés par Dieu : Lévitique 3,1 ; Hébreux 13,15-16

-          Que le sacrifice de Christ soit un sacrifice d’expiation pour le péché : Romains 3,23 à 26 ; 1 Jean 2,2
Jésus a été pour nous l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde : Jean 1,29

-          Que le sacrifice de Christ soit un sacrifice de culpabilité ou de réparation : Esaïe 53,10 (version NBS).
Le sacrifice Jésus n’ôte pas seulement le péché. Il répare dans notre relation avec Dieu tout ce que le péché a introduit de méfaits et de culpabilité. Il n’y a désormais plus de condamnation pour ceux qui sont à Jésus-Christ : Romains 8,1 ; Jean 5,24. Jésus est pour nous le sacrifice qui efface de nos vies tout ce dont le péché nous rend coupables devant Dieu : Lévitique 5.


Si l’ordre des sacrifices donné dans le Lévitique correspond à l’ordre de la réalité vécue par le Christ en venant sur terre pour mourir pour nous, notre expérience épouse quant à elle l’ordre inverse. Partant de notre situation, nous confessons nos péchés, nous croyons au Christ, et à la valeur de Sa mort pour l’expiation et la réparation de nos fautes – Nous entrons par Lui dans la communion avec Dieu pour Lui offrir nos actions de grâces – Nous progressons ensuite dans la voie de la sanctification,  en nous séparant du levain du péché pour finir par nous offrir tout entier à Dieu !

jeudi 20 juin 2013

La notion de sacrifice (1)

1. Introduction :

La notion de sacrifice est présente dans toute la Bible, du premier au dernier livre. Elle en est un des thèmes majeurs. Avec le terme sacrifice, les mots sacrifier et sacrificateurs sont parmi ceux qui sont les plus souvent mentionnés dans l’Ecriture. C’est Dieu le premier qui, dans la genèse, introduit la pratique du sacrifice. Immédiatement après la chute, nos premiers parents, découvrant avec honte leur nudité soudaine, cherchèrent à la masquer avec des feuilles de figuier : Genèse 3,7. Dieu ne s’en satisfit pas. Il pourvut Lui-même à l’habillement dont avaient besoin Adam et Eve en sacrifiant des animaux et en utilisant leurs peaux pour les couvrir : Genèse 3,21. L’Apocalypse se conclut par la vision glorieuse de l’Agneau sacrifié pour le rachat des élus : Apocalypse 5,6. De la première mention à la dernière, le sacrifice est lié à la fois à l’entrée du péché dans le monde et à la rédemption. Il est présenté comme une nécessité pour couvrir le pécheur et rendre possible la réconciliation avec Dieu. Essayons de faire le tour de l’Ecriture pour étudier tout ce que ce thème recouvre.

2. Genèse du sacrifice : la notion de sacrifice dans la genèse

Le 1er sacrifice : Genèse 3,21

Il est intéressant de voir que c’est Dieu, le premier, qui a pratiqué un sacrifice. Le fait que ce soit Lui qui en soit l’initiateur implique plusieurs choses liées à la notion du sacrifice. Le sacrifice d’animaux pour couvrir la nudité de nos premiers parents témoigne :

-          De la gravité du péché et de son entrée dans le monde. Dieu avait pourtant averti nos premiers parents à ce sujet : Genèse 2,17. Le péché, cet acte de désobéissance et de rébellion envers Dieu, ne serait pas bénin. Il aurait une conséquence funeste et dramatique pour toute la race humaine : la mort. Dieu signifie par le sacrifice que, pour épargner la mort aux coupables, il faut qu’une victime innocente la subisse à leur place. Le salaire du péché est la mort, rien de moins : Romains 6,23.

-          De l’incapacité de l’homme à produire un moyen de couvrir sa faute qui soit à la hauteur du préjudice qu’occasionne le péché. Il est impossible à l’homme de se voir tel qu’il est, de se regarder en face ou de supporter le regard de l’autre sur soi depuis l’entrée du péché. La fabrication improvisée d’un habit de feuilles de figuier est la première tentative humaine de se fabriquer une couverture permettant de se rendre présentables aux yeux des autres et de soi-même. Toutes les religions humaines suivent depuis cet exemple. Dieu témoigne par le sacrifice qu’il faut bien plus que le bricolage humain pour satisfaire les exigences de la justice face au péché. Le péché nécessite la mort. Les habits de peaux devront rappeler tous les jours à Adam et Eve qu’une victime innocente a payé de sa vie leur justification.

-          De la voie que la justice de Dieu va emprunter dans l’avenir pour opérer la réconciliation entre l’homme pécheur et le Dieu saint. Le premier sacrifice, initié par Dieu, doit servir d’instruction et d’enseignement aux hommes de toutes les générations qui suivront Adam et Eve. La justice de Dieu ne pourra être satisfaite à moins que la mort du coupable ou de son remplacement par un innocent ne se produise. Cette exigence incontournable n’est pas négociable. C’est elle qui obligera le Fils de Dieu à s’offrir Lui-même en sacrifice pour ôter le péché du monde : Jean 1,29.

Le second sacrifice : Genèse 4,1 à 5

Après Dieu, Abel sera le premier homme à offrir un sacrifice à Dieu. L’objectif d’Abel est le même que celui de Caïn. Il cherche à apporter à Dieu une offrande, quelque chose qui, venant de lui, puisse être reçu de manière agréable par Dieu. L’offrande de Caïn, faite des produits du sol et de son travail, ne sera pas reçue favorablement par Dieu. Seule celle d’Abel sera agréée. Une explication pour comprendre à la fois le refus et l’agrément de Dieu à l’égard des deux offrandes s’impose. L’un comme l’autre, en effet, n’ont rien d’arbitraire.

L’offrande de Caïn était faite des produits du sol. Or, depuis l’entrée du péché dans le monde, Dieu l’a dit : le sol, la terre sont maudits : Genèse 3,17. Le refus de Dieu de l’offrande apportée par Caïn n’a rien à voir avec le métier de l’un ou de l’autre. L’offrande était révélatrice de leur cœur. Or, le cœur de Caïn était mauvais : 1 Jean 3,12. En ce temps où l’athéisme n’existait pas (l’existence de Dieu était une évidence), Caïn savait qu’il dépendait de Dieu pour sa propre vie. Il fallait donc chercher Sa faveur, seule condition pour prospérer dans son travail. Caïn ne prit pas école de la voie que Dieu avait indiquée à Adam et Eve pour être agréé par Lui. Il agit envers Dieu davantage par formalité que par souci de demander Sa grâce sur sa vie. Il crut à tort que Dieu se satisferait de ses quelques productions. Il fut immédiatement éconduit.

Abel prit à la fois exemple sur Caïn et sur Dieu. Il suivit son frère aîné dans la demande adressée à Dieu d’être béni. Mais il prit soin de prendre acte du témoignage rendu par ses parents sur la façon avec laquelle Dieu les avait couverts après leur faute. Il comprit que seul le sang versé rend possible l’approche de Dieu : cf Hébreux 9,22. Ayant emprunté la voie indiquée par Dieu, Abel vit son offrande reçue et agréée.

L’offrande d’Abel nous rappelle que, sans l’œuvre de la croix, tout ce que nous pouvons faire et apporter à Dieu reste marquée par la malédiction due au péché. La faute de Caïn est d’avoir minimisé la réalité du gouffre qui sépare l’homme pécheur du Dieu saint. L’intelligence d’Abel est de l’avoir compris. Caïn fut condamné pour sa légèreté à l’égard de Dieu. Abel fut déclaré juste pour avoir pris la juste mesure de ce qu’exigeait la justice de Dieu envers lui : Hébreux 11,4. Le sacrifice offert par Abel est un type et une anticipation de celui de Christ : Hébreux 12,24.

Les autres sacrifices dans la genèse :

Genèse 8,20-21 : un holocauste

Les sacrifices offerts par Noé interviennent après le déluge, à la sortie de l’arche. Ils sont le premier acte accompli par le patriarche sur la terre nouvelle, purifiée du péché passé, que Dieu lui offre. Les sacrifices offerts ici n’ont pas valeur d’expiation (c’est le déluge qui a servi à cela), mais de consécration et de reconnaissance envers Dieu. Nous verrons plus tard dans le lévitique que les sacrifices que Dieu préconisera à Israël peuvent recouvrir cinq significations possibles. La même idée de reconnaissance à Dieu se retrouve dans les sacrifices offerts par Jacob à certains moments clés de sa vie : Genèse 31,54 : conclusion d’une alliance avec Laban définissant les clauses de leur relation future : Genèse 46,1 : voyage de Jacob d’Egypte pour retrouver son fils Joseph qu’il croyait mort depuis des années. 

Genèse 22,1-2 : le sacrifice d’Isaac

Mis à part celui de Jésus, le sacrifice d’Isaac est la seule demande d’un sacrifice humain ordonnée par Dieu. Telle qu’elle est formulée, la demande témoigne de l’objectif poursuivi par Dieu en la présentant à Abraham. Dieu veut sonder le cœur du patriarche. Il veut savoir si la bénédiction qu’Il lui a octroyé après des années d’attente, son fils Isaac, est à sa juste place dans son cœur ou non. Il ordonne donc à Abraham un sacrifice, celui de ce fils unique qu’il possède par Sara, son héritier qu’il aime par-dessus tout.


Le sacrifice, dans la perspective indiquée ici, s’apparente à un holocauste. L’holocauste est le don maximal. Rien ne peut le dépasser. C’est le don entier de ce qui nous est cher, précieux sur l’autel de Dieu. L’holocauste est synonyme d’abandon. Il résulte de la décision volontaire d’un offrant de ne plus rien garder ou retenir pour soi pour répondre à l’appel de Dieu. Pour être agréé et valable, là encore, ce n’est pas l’homme qui est à l’origine de l’initiative de l’holocauste. L’holocauste procède de l’appel de Dieu qui est toujours premier : Esaïe 6,8 ; Luc 9,57 à 62. Dieu seul connaît en effet les idoles de notre cœur qui risquent d’entrer en concurrence avec notre attachement à Sa Personne : Matthieu 19,20 à 22. D’offrande par laquelle Dieu renoue la relation rompue avec l’homme, le sacrifice devient moyen par lequel le racheté peut à son tour s’offrir à Dieu.

jeudi 6 juin 2013

Les oeuvres du diable

Le dernier aspect des œuvres abordé par la Parole de Dieu est celui qui touche aux œuvres du diable. Pour restreindre l’étude, nous ne considérerons que le sujet en rapport avec le croyant et l’Eglise. Le monde entier étant sous la puissance du malin : 1 Jean 5,19, les œuvres du diable dans la société des incroyants sont multiples. Elles vont de la possession démoniaque, à l’influence des sociétés secrètes, de l’occultisme à la fausse religion, de l’aveuglement spirituel à la fausse illumination, de la crainte paralysante de la mort à l’incitation au suicide… Comme il en est pour nous, les œuvres du diable reflètent sa nature, son être. Alors qu’Il était en proie aux attaques de Ses adversaires, Jésus les a accusés d’être les serviteurs des désirs de leur père, le diable : Jean 8,44. Leur hypocrisie et leur haine envers Lui étaient le reflet du caractère mensonger et meurtrier de la nature du diable. L’apôtre Jean dira qu’une des raisons premières de la venue de Jésus dans le monde est de détruire les œuvres du diable : 1 Jean 3,8. Toutes mauvaises, néfastes, les œuvres du diable, dans la main de Dieu, concourent au bien et à l’avancement spirituel du croyant : Romains 8,28. Etudions-les de près pour les discerner dans ce que nous vivons et voir comment, par la grâce de Dieu, du mal qu’elles véhiculent Dieu peut en faire sortir un bien !

1er aspect : la tentation

La tentation est le premier aspect des œuvres du diable évoqué par la Bible : Genèse 3,1 à 5. Le diable a tenté Eve, David : 1 Chroniques 21,1, Jésus : Luc 4,1 à 13 et beaucoup d’autres… Le but de la tentation est toujours le même. Satan cherche à détourner le cœur de sa victime de l’obéissance et de la fidélité à Dieu. Il cherche à séduire celui ou celle qu’il tente pour le pousser à prendre une décision qui soit contraire à son intérêt et au projet de Dieu pour lui

L’étude des initiatives prises par le diable pour tenter les enfants de Dieu met en lumière les multiples facettes des moyens et de la stratégie dont il se sert. Le diable tente :

Au cours du moment qui lui paraît le plus favorable :

·         Jésus est seul, il a faim : Matthieu 4,2 ; Luc 4,13
·         Au moment où nous pensons avoir tout surmonté : Ephésiens 6,13
·         La femme de Potiphar attend que Joseph soit seul pour lui faire ses propositions : Genèse 39,11
·         Le diable rôde constamment autour du croyant cherchant le moment le plus opportun pour agresser sa proie et la dévorer : 1 Pierre 5,8

En faisant vibrer la corde la plus sensible chez sa victime :

·         Il demande à Jésus de se comporter comme Fils de Dieu : Matthieu 4,3-5
·         Il pousse Ananias et Saphira à mentir à cause de leur amour pour l’argent : Actes 5,1 à 3
·         Il conduit Judas à trahir Jésus pour la même raison : Matthieu 26,14 à 16 ; Jean 12,6
·         Il excite le roi David à évaluer sa puissance : 1 Chroniques 21,1

Le vent de la tentation souffle toujours dans le même sens que le courant naturel du cœur. Satan ne peut pas connaître les pensées intimes d’un homme, mais il discerne facilement quels sont les points faibles de sa personnalité. Il sait à quelle porte frapper pour que la citadelle du cœur lui soit ouverte.

En utilisant l’appât le plus judicieux, ou la personne la plus appropriée pour faire chuter sa victime

·         Il utilise Pierre, son premier disciple et le leader parmi les douze, pour inciter Jésus à ne pas aller à la croix : Matthieu 16,22-23
·         Il utilise la femme de Job pour exciter en lui la révolte contre Dieu : Job 2,9-10
·         Il propose à Jésus de changer des pierres en pain alors qu’Il a faim : Matthieu 4,2

En suggérant des pensées malsaines ou contraires à la pensée de Dieu

·         Une pensée folle vint à l’esprit des disciples : Luc 9,46
·         Les propos d’Eliphaz ne viennent pas de son propre chef, mais lui sont inspirés : 4,12 à 19
·         Pierre raisonne à la manière des hommes, inspiré par Satan : Matthieu 16,22-23
·         David est harcelé, excité par une pensée obsédante : 1 Chroniques 21,1
·         Eve est sollicitée au travers d’une question poussant à la réflexion : Genèse 3,1

Le terrain des pensées est le terrain de chasse favori du diable. La pensée excitée allume le désir qui conduit à la chute : Jacques 1,14-15

Par la grâce de Dieu, la tentation n’a pas que des effets négatifs :

·         Elle oblige le croyant à s’enraciner dans la foi et l’obéissance : Genèse 39,7 à 12. C’est l’arbre qui est le plus souvent secoué par le vent qui est le mieux enraciné.
·         Elle oblige le croyant à chercher la présence de Dieu et à prier : 2 Corinthiens 12,7 à 9
·         Elle initie le croyant à utiliser les armes spirituelles : Matthieu 4,1 à 13 ; Ephésiens 6,10 à 18
·         Elle humilie le croyant et le conduit à ne pas avoir une opinion exagérée de lui-même : 2 Corinthiens 12,7 ; Psaume 119,67.106-107 ; Matthieu 26,75. « Elle est bien meilleure la tentation qui m’humilie que la réussite qui m’enorgueillit : Watson »
·         Elle qualifie le croyant à être une aide pour d’autres qui passent par le même chemin : Psaume 51,15
·         Elle crée dans le croyant une aspiration plus forte pour le ciel : Apocalypse 21,3-4

2ème aspect : l’accusation

Après avoir tenté et conduit sa victime à pécher, le diable s’emploie à la décourager en l’accusant. L’accusation est présentée dans la Parole de Dieu comme l’activité à laquelle il s’adonne jour et nuit contre les élus : Apocalypse 12,10. Il a d’autant plus facile à tenir ce rôle que ses accusations sont fondées : Zacharie 3,1 à 3. Nos nombreuses souillures et inconséquences sont autant d’arguments que l’accusateur utilise pour dresser l’acte d’accusation qu’il porte contre nous au tribunal de Dieu.

Les accusations du diable sont de deux ordres. Elles portent à la fois sur  le mal que nous avons commis au regard de la loi de Dieu que sur le bien que nous avons omis. L’outil préféré du diable pour nous accuser est la loi. Il dresse devant nos yeux le portrait du chrétien parfait que nous devrions être et nous culpabilise à cause de nos manquements. De même qu’il a provoqué Jésus en lui disant : « Si tu es le Fils de Dieu… : Matthieu 4,3.6..., il nous provoque en nous défiant d’être à la hauteur de notre identité : Si tu es chrétien…

La suffisance du sang versé par Jésus pour couvrir nos péchés est la seule arme efficace pour éteindre le trait enflammé diabolique de l’accusation dans nos vies : Ephésiens 12,10. Notre justice ne repose pas sur le degré de sanctification atteint, mais sur la suffisance de la mort de Christ pour nous et nos péchés : 1 Jean 2,1-2. Au tribunal de Dieu, Jésus est notre Avocat qui nous sauve face à Satan, le procureur qui nous condamne !

Un autre aspect du travail d’accusation que le diable fait contre les enfants de Dieu porte sur la calomnie. Toutes sortes d’accusations et d’idées fausses sont et ont été répandues dans le monde au sujet du peuple de Dieu (juifs ou chrétiens) : Matthieu 5,11. Satan est menteur et le père du mensonge, dit Jésus : Jean 8,44. Les mensonges du diable sont, pour la plupart du temps, la cause des génocides et persécutions qui ont eu cours tout au long des siècles contre le peuple de Dieu.

3ème aspect : la tromperie

Mises à part les attaques directes et violentes contre les croyants, le diable cherche à s’introduire dans l’Eglise par un autre chemin emprunté depuis toujours : les fausses doctrines et les faux prophètes.  Au temps de Josaphat et d’Achab, Michée fut appelé pour faire entendre la parole de Dieu aux deux rois. Il dut faire face à une multitude de prophètes qui, au nom du Seigneur, délivraient une parole contraire à la sienne. L’explication du phénomène est donnée à Michée au travers d’une vision : 1 Rois 22,19 à 23. Depuis, les choses n’ont pas changé :

·         Jésus avertit Ses disciples que de nombreux faux prophètes viendront sous Son nom pour égarer le peuple de Dieu et l’induire en erreur : Matthieu 7,15 à 20. Ils ont l’apparence d’agneaux, mais leurs vies témoignent de l’absence du fruit de l’Esprit. Ils sont capables de prodiges, d’exorcismes, de guérisons, mais le Seigneur ne les connaît pas : Matthieu 7,22.
·         Jésus avertit que les faux prophètes et les faux christs seront particulièrement nombreux dans la période qui précédera Son retour glorieux : Matthieu 24,4-5.11. Paul confirme la prophétie de Jésus : 1 Timothée 4,1 à 3
·         Paul décrit les caractéristiques de ces faux prophètes, inspirés par Satan : 2 Corinthiens 11,3.13-14

-          Ils proclament un autre Jésus que celui des Evangiles : 2 Cor 11,4. Le nom de Jésus est dans leur bouche, mais Il n’est plus le Seigneur à qui chacun doit soumettre sa vie.
-          Ils proclament un autre Evangile : 2 Cor 11,4 : ce n’est plus l’Evangile de la croix, du dépouillement, du renoncement au monde, mais celui de la prospérité, de la puissance, de la réussite humaine et terrestre.
-          Ils parlent par un autre esprit que l’Esprit de Christ : 2 Cor 11,4 : l’accent n’est plus mis sur la sainteté  et la conformité à Christ, mais sur le miracle, le visible, le « tout, tout de suite »
-          Ils se présentent comme des super apôtres : 2 Cor 11,5, qui ont reçu plus de puissance que les autres, tel Paul. Ils ne connaissent rien de la faiblesse, des coups, des épreuves qui font la fierté de l’apôtre : 2 Cor 11,21 à 30
-          Ils n’hésitent pas à demander de l’argent aux Eglises pour rémunérer leur service : 2 Cor 11,8-9.

·         Pour Jean, l’œuvre principale des faux prophètes sera de préparer le chemin de l’Antichrist dont ils seront des précurseurs : 1 Jean 2,18-19. Les antichrists ne sont pas étrangers au milieu chrétien : ils en sortent. Leur objectif principal est de nier l’identité divine du Fils, semblable à celle du Père : 1 Jean 2,22-23.

·         Les apôtres Pierre et Jude ont fait de la mise en garde des faux prophètes l’objet de deux épîtres : 2 Pierre et Jude. La réalité de la tromperie diabolique des enfants de Dieu est un risque si élevé qu’ils ont jugé, sous l’inspiration de l’Esprit, qu’il fallait en faire un sujet central d’enseignement. Ils insistent à leur tour sur plusieurs aspects de la personnalité des faux prophètes, les rendant identifiable :

-          Ils sont sensuels et débauchés : 2 Pierre 2,2.10.13.14.19 ; Jude 1,19
-          Ils prêchent une grâce à bon marché qui est un chèque en blanc pour pécher : Jude 1,4
-          Ils sont arrogants envers les esprits, y compris le diable : 2 Pierre 2,10-11 ; Jude 1,8.10
-          Ils sont avides d’argent, ils aiment la bonne chère : 2 Pierre 2,3.13.14 ; Jude 1,12
-          Leur discours sont creux, pleins d’arrogance et d’insolence : 2 Pierre 2,10.18 ; Jude 1,10

Si nous ne devons pas nous intéresser outre mesure aux œuvres du diable, l’apôtre Paul nous incite à ne pas ignorer sa réalité, ni ses desseins : 2 Corinthiens 2,11. Que Dieu nous donne une connaissance toujours plus profonde de l’œuvre accomplie par Jésus, Celui qui a dépouillé de leur autorité les puissances célestes : Colossiens 2,15, jugé et jeté dehors le prince de ce monde : Jean 12,31 ; 16,11.