vendredi 28 février 2014

Vocation d'Abraham

1.       Introduction :

Lisez Genèse 12,1 à 3. Quelle est la finalité de l’appel d’Abram ?

-          Faire de lui une grande nation
-          Faire de lui une bénédiction pour toutes les familles de la terre

Dès le début de l’histoire d’Abram, la fin est inscrite. L’appel d’Abram dépasse largement sa personne et le cadre de son histoire personnelle. Il va au-delà du peuple qui va naître à travers lui. Ce qui est visé dès le début n’est pas seulement le bien d’Abram, mais celui de l’humanité entière.

Toute la Bible est le récit de la façon avec laquelle Dieu a accompli la promesse qu’Il a faite à Abram lors de son appel : Romains 4,16-17 : référence à la promesse de l’appel – Galates 3,13-14. Aussi, Jésus donnera-t-il une place importante à Abraham dans ses enseignements : Matthieu 3,9 ; 8,11 ; 22,32 ; Luc 13,16 ; Luc 16,22 à 31 ; 19,9 ; Jean 8,39-40.56 à 58. Marie et Zacharie citent Abraham dans leur hymne : Luc 1,55.73. Bien qu’il y ait eu des hommes de foi avant lui, Abraham est toujours identifié comme le point de départ de la foi qui est celle de tous les croyants. C’est en lui que l’alliance de Dieu en vertu de la foi commence : Actes 3,24-25 ; Romains 4,11-13.16 ; Galates 3,7-9. Abraham est un point de départ si important que aucun détail de son vécu ne relève du hasard. Tout a valeur d’enseignement et d’application :
-          L’état dans lequel il était quand il reçut la promesse : Romains 4,10
-          La lignée qui héritera de la promesse : Romains 9,7
-          Le genre employé quand il a reçu la promesse : Galates 3,16
-          La place des deux femmes qu’il a eues : Galates 4,21 à 25
-          La valeur des personnes qui croisent sa vie définies en fonction de sa position à l’égard de chacune d’entre elles : Melchisédek : Hébreux 7,1 à 4 – Lévi (les lévites) : Hébreux 7,5 à 10
-          La place des œuvres dans la vie de ceux qui croient : Jacques 2,21 à 23
-          La position de la femme croyante à l’égard de son mari croyant : 1 Pierre 3,1 à 6

« Abraham occupe dans le plan de la rédemption de Dieu une place bien plus importante qu’Abel, Hénoch ou Noé. Bien que ces trois hommes fussent bons, ils n’étaient bons qu’en tant qu’individus. Ils ne pouvaient changer la situation de péché. Abraham fut le premier homme que Dieu utilisa pour renverser la situation de péché… La rédemption fut accomplie par le Seigneur Jésus, mais elle commença avec Abraham. Jésus est le centre, Abraham le point de départ… Dieu ne bénit pas les nations de la terre directement. Mais plutôt, Il les bénit par Abraham. Dieu fait dépendre la bénédiction des nations de la terre d’Abraham… Dieu définit par Abraham ce qu’est l’œuvre de la foi : Il amène un homme à croire et, à partir de ce croyant, d’autres croyants sont engendrés. Le principe de Dieu est d’agir d’abord sur un individu puis d’engendrer les autres par lui. » W. Nee

Lisez ensuite Genèse 11,1 à 9, l’épisode de la tour de Babel :

-         Quelle finalité poursuivait les décideurs de la construction de la tour de Babel ?

Le but de la construction de la tour de Babel était l’unité de la race humaine autour d’un lieu et d’un même projet : v 4 et 6. Par ce projet, les humains voulaient ériger à la face de Dieu quelque chose qui symbolisait leur force commune, leur grandeur (un peu comme les tours énormes construites aujourd’hui)

-         Pourquoi cette finalité, à votre avis, n’a pas plu à Dieu ?

Dieu n’était pas tant contre le projet d’unité de la race humaine que contre l’objectif qu’il visait et les motivations qui en étaient la source. Le projet de Babel n’est pas définitivement sorti de la pensée de l’humanité. Il rejaillira à la fin des temps sous le règne de la bête qui finira par fédérer le monde entier sous son autorité : Apocalypse 13,4.7.12.14.16. Pas étonnant dès lors que la capitale spirituelle du monde de cette époque portera le nom de Babylone : Apocalypse 18,10

-         Quelle mesure Dieu a-t-il prise pour faire capoter le projet ?

Il prit une mesure simple et efficace : il confondit les langues, ce qui rendit impossible l’unité de pensée des hommes réunis à Babel. Dès lors, l’unité de pensée ne fut plus jamais possible. Les hommes se dispersèrent géographiquement mais se distancèrent aussi les uns des autres par des conceptions mentales contradictoires : philosophies, religions, idéologies…

« Dieu a brisé le miroir de la pensée unique… Chaque peuple n’en a retenu qu’un fragment, plus ou moins large. Chaque peuple ne voit ainsi qu’un morceau du tout, jamais la totalité. C’est ce qui explique les divergences qui opposent les conceptions des nations en ce qui concerne la religion, la philosophie, l’art, les sciences et l’histoire, opposition d’où naissent souvent de mutuelles contradictions : Bettex. »

-         Que nous dit la mesure que Dieu a prise sur la façon dont il conçoit la question de l’unité de l’humanité ?

Dieu s’oppose à toute unité de l’humanité qui soit une uniformité. L’unité que souhaite Dieu est celle qui est à l’image de Sa Personne : une unité respectant la diversité.

Quel lien peut-on faire entre la finalité du projet élaboré en Genèse 11 et la finalité de l’appel d’Abram ?

L’appel d’Abraham est sa réponse au projet d’union de l’humanité mis en œuvre au pays de Shinéar et qu’il a fait capoter. La même finalité est visée, mais l’esprit, le principe directeur et les moyens mis en œuvre différent totalement. L’unité humaine sans Dieu ne peut se faire qu’autour d’un dictateur, en l’occurrence à l’époque Nimrod : Genèse 10,8-11. L’unité conçue par Dieu se fera autour de Christ, le fils de l’homme, l’anti-Nimrod, un héros à l’opposé des héros humains.

Que nous dit l’appel d’Abram sur la façon dont Dieu envisage l’unité entre les familles de la terre ?

Cette unité est impossible si Lui n’en est pas le centre. C’est ce que révéle la vision finale du royaume de Dieu : Apocalypse 7,9-10

2.      Abram : le personnage

Lisez Josué 24,2 ; Actes 7,2 à 4 ; Genèse 12,1 à 9

Quelles sont les choses qu’Abram a dû quitter pour répondre à l’appel de Dieu ?

Il a dû quitter son pays, la maison de son père, mais aussi ses dieux. Actes 7,2 à 4 semble souligner que le père d’Abram l’a suivi d’Ur jusque Charan. Il y a donc eu une halte dans le cheminement d’Abram vers Canaan, une halte qui dura suffisamment de temps pour qu’il s’enrichisse : Genèse 11,28 à 31 ; 12,5. Ce n’est que lorsque le père d’Abram est décédé qu’Abram s’est senti libre de poursuivre sa marche vers le pays promis.
« Abram entendit deux fois l’appel de Dieu, une fois à Ur et l’autre à Charan. Le premier appel ne l’amena qu’à mi-chemin. Le second appel le mena jusqu’à Canaan. Nous devons sans cesse remercier Dieu parce qu’il n’abandonne jamais ! C’est sa persévérance avec nous qui rend réalisable Son projet avec nous ! : W Nee. »

Quel lien faites-vous entre ce qu’Abram a quitté sur le plan physique avec ce qu’un disciple de Christ quitte pour répondre à son appel ?

Suivre Christ implique le détachement de tout ce qui façonnait notre identité jusqu’alors. Nous nous séparons de la vaine manière de vivre de nos pères : 1 Pierre 1,18, de la foi qui nous habitait auparavant : Actes 26,4-5. Nous considérons le lien qui nous unit à Christ et à la famille de Dieu comme plus fort que les liens du sang : Matthieu 12,48-49 ; Luc 14,26.

Qu’est-ce qui n’était pas prévu dans l’appel et qu’Abram a pris avec lui ? Quelles leçons en tirez-vous ?

Deux éléments non prévus se sont joints à Abram lors de son départ : son neveu Loth et Térah son père. Tous les deux seront source de frein et de difficultés futures  pour Abram. L’obéissance à l’appel de Dieu implique que nous partions dans les conditions voulues par Dieu. Tout ce que nous emportons avec nous en plus et que Dieu n’a pas prévu s’avère pour la suite source de problèmes : cf Nombres 11,4 : le ramassis de gens qui se trouvait au milieu d’Israël.

A quel moment Dieu adresse-t-il la parole à Abram ? Que peut-on apprendre de Dieu sur sa façon de se révéler et de communiquer à ses serviteurs ?

Dieu se révèle à Abram à chaque étape d’obéissance. Il parle à Abram avant qu’il parte pour lui dire d’aller en Canaan. Puis il lui parle à nouveau lorsqu’il est arrivé à l’endroit qu’il a désigné. Dieu ne nous dira rien de nouveau pour notre vie tant que nous n’avons pas obéi à la parole qu’il nous a déjà fait connaître. C’est l’obéissance qui est la condition d’une révélation plus grande de Sa volonté dans nos vies.

Quel est le contenu de la 2ème promesse de Dieu faite à Abram ? Quand se réalisera-t-elle ? Quelle leçon en tirez-vous ?

Il lui promet de donner le pays à sa descendance. Il faudra plusieurs siècles jusqu’à ce que la promesse se réalise vraiment (Josué et Juges). Les promesses de Dieu s’accomplissent toujours. Mais nous ne devons pas fixer d’avance le temps où elles se réalisent. Dieu ne ment pas, même si ce ne sera pas la descendance directe d’Abraham qui occupera le pays : cf Exode 12,40.

3.      1ère errance d’Abram

Lisez Genèse 12,10 à 13,4

-         Quelle est la cause de la décision d’Abram d’aller en Egypte ?

La cause extérieure est la famine qui survint dans le pays. La cause réelle est l’incapacité d’Abram de faire face à cette difficulté autrement qu’en quittant le pays dans lequel Dieu lui a ordonné d’être. La famine, circonstance éprouvante sur laquelle Abram n’a pas de prise, est en fait le moyen que Dieu utilise pour faire entrer Abram dans l’école de la foi. Car la foi n’est pas juste le principe par lequel on entre dans l’alliance de Dieu. C’est aussi celui par lequel on doit désormais apprendre à vivre et marcher dans ce monde.
Que nous apprend la famine sur les moyens que Dieu utilise pour nous faire entrer dans l’école de la foi ? La famine nous dit que le croyant n’échappe pas aux difficultés auxquelles doivent faire face, dans leur vie terrestre, les autres hommes. La différence tient au fait que ces difficultés sont didactiques, c’est-à-dire qu’elles sont des outils de Dieu pour éduquer le croyant dans la foi. L’école de la foi commence souvent par des choses simples, communes (le chômage, une difficulté financière, de santé…). Elles iront petit à petit dans la vie d’Abram dans un degré croissant de difficulté jusqu’à ce qui sera l’épreuve suprême : la demande par Dieu du sacrifice d’Isaac.

Abram commet une double faute en quittant Canaan pour se rendre en Egypte. La première est qu’il quitte le pays de la promesse, ce qui l’oblige à devoir assumer par lui-même sa sécurité. N’ayant plus au fond de lui l’assurance que Dieu est avec lui dans sa décision, il est pris par une crainte qui sort tout droit d’une supposition, celle selon laquelle il est en danger de mort si les Egyptiens apprennent que Sara est sa femme. Il oblige donc Sara à mentir sur sa véritable identité.

Abram obtient ce qu’il désire. Il est traité avec égard. Il arrive qu’en suivant une voie de désobéissance ou d’incrédulité les choses s’arrangent mieux pour nous qu’en suivant la voie de la foi. Mais c’est aux dépens de tous ceux de son entourage : Sara lui est ôtée et emmenée dans la maison de Pharaon. Le Pharaon et sa maison sont frappés par Dieu et, finalement, il est chassé du pays dans lequel il s’est réfugié pour fuir la famine. Notons la manière d’agir de Dieu dans la circonstance :

-          Il reprend Pharaon pour sa faute, mais Il l’éclaire aussi. Pharaon n’est pas seulement frappé. Il sait pourquoi il l’est
-          Il reprend Abram par Pharaon. Quand le chrétien pèche, il arrive souvent que c’est le non-chrétien qui le reprend et lui dit ce qu’il aurait dû faire et ne pas faire.
-          Il sauve Abram du piège dans lequel il s’était enfermé par sa propre faute. Abram peut récupérer sa femme, ses ânes, ses bœufs et ses servantes et reprendre sa marche là où il avait bifurqué.

L’erreur d’Abram ne sera pas sans conséquence pour la suite. Il aura été un mauvais exemple pour Loth, son neveu qui, plus que lui, va exceller plus tard dans l’art du compromis. Il quittera l’Egypte avec un cadeau empoisonné dans ses bagages : Agar l’égyptienne : Genèse 16,1. Il n’y a aucune désobéissance à Dieu qui ne soit bénigne.


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